Engins de levage et mobiles : lancement de la campagne 2026 pour renforcer la sécurité au travail

Publié le 3 juillet 2026

Dans le cadre de son plan pluriannuel 2026-2029 (PNA) axé sur la prévention des accidents du travail, la Direction générale du travail (DGT) reconduit au second semestre 2026 une campagne nationale de contrôle et de sensibilisation ciblant l’utilisation des équipements de travail mobiles et de levage.

Cette initiative fait suite à un premier déploiement en 2023-2024, dont le bilan a mis en lumière des non-conformités importantes et récurrentes au sein des entreprises

Sécurité des équipements : un enjeu de prévention face à des risques professionnels persistants

La première cause des accidents du travail en lien avec des équipements, signalés par l’inspection du travail, concerne les matériels mobiles et de levage. De nombreux accidents graves et mortels subsistent, illustrés récemment par le décès d’un stagiaire mineur lors du renversement d’un chariot automoteur.
Les contrôles menés lors de la précédente édition ont révélé des manquements significatifs :

  • Évaluation des risques : plus de la moitié des Documents uniques d’évaluation des risques (DUER) étaient absents ou non conformes.
  • Règles de circulation : adaptées de façon incomplète dans 64 % des situations.
  • Autorisations de conduite : 26 % de non-conformité, touchant particulièrement les jeunes travailleurs.
  • Vérifications générales périodiques (VGP) : 23 % des équipements contrôlés n’avaient fait l’objet d’aucune VGP. Ce taux d’incomplétude atteignait 84 % spécifiquement pour les chariots automoteurs.
  • Secteurs d’activité : le milieu agricole a présenté un niveau de manquement globalement deux fois supérieur aux autres secteurs économiques.

Au regard de ces données et de la réactivité positive des entreprises (seules 3 à 6 % ne se mettent pas en conformité suite à l’intervention des inspecteurs), le renouvellement de cette campagne a été acté pour l’année 2026.

Périmètre et publics ciblés

La campagne maintient le périmètre de la précédente édition et s’applique à l’ensemble des secteurs d’activité (industries, chantiers du BTP, mines, carrières et filières agricoles/forestières). Elle encadre l’usage de cinq familles d’équipements spécifiques :
1. Les pelles (et mini-pelles) ;
2. Les chargeuses (et mini-chargeuses) ;
3. Les compacteurs ;
4. Les chariots de levage à conducteurs portés ;
5. Les tracteurs dotés d’un chargeur frontal.

Une vigilance accrue sur les publics vulnérables

Les corps de contrôle cibleront plus strictement la situation des travailleurs intérimaires et des jeunes travailleurs. Moins expérimentés et plus exposés à la précarité d’emploi ou à des insuffisances en matière d’accueil et de formation, ces publics font l’objet d’une attention réglementaire renforcée.
Rappel réglementaire sur les mineurs : La conduite d’engins par les jeunes de 15 à 18 ans est par principe interdite. Des dérogations de trois ans sont possibles (notamment pour l’apprentissage) sous réserve d’une déclaration préalable, d’une formation adaptée, d’un encadrement adéquat et d’un avis médical d’aptitude annuel. L’affectation d’un jeune sur un engin dépourvu de dispositif de protection ou de retenue en cas de renversement ne souffre, quant à elle, d’aucune dérogation.

Les points clés de la réglementation contrôlés

  • Les inspecteurs et contrôleurs du travail axeront leurs interventions sur quatre piliers réglementaires :
  • L’évaluation des risques (DUERP) : L’employeur doit consigner l’analyse des risques liés aux engins mobiles dans le document unique et planifier les mesures de prévention indispensables.
  • L’organisation de la circulation : Définition de zones de déplacement sécurisées distinguant les flux de piétons et d’engins. Sur les chantiers de grande envergure (> 760 000 €), le respect des plans de circulation, le balisage des pistes et le positionnement sécurisé des signaleurs (hommes trafic) feront l’objet d’une attention stricte.
  • Les vérifications techniques : Réalisation de l’examen d’adéquation avant la mise en service , exécution des vérifications périodiques (VGP) et traçabilité des réparations consécutives aux défauts relevés par les vérificateurs.
  • Les compétences et autorisations de conduite : La conduite requiert la délivrance obligatoire d’une autorisation par l’employeur (y compris pour les intérimaires, délivrée par l’entreprise utilisatrice, et les travailleurs détachés). Elle repose sur trois conditions cumulatives : une formation à la conduite, l’absence de contre-indication médicale (valable 5 ans) et une information sur le site d’utilisation.

Calendrier et outils d’accompagnement

La campagne s’articule autour de deux volets complémentaires :

  • La prévention et l’autodiagnostic : En amont, des fiches d’autodiagnostic en ligne (comprenant des déclinaisons pour les secteurs du BTP et de l’agriculture) permettent aux entreprises d’évaluer de manière autonome leurs pratiques et de régulariser d’éventuels manquements avant l’arrivée des agents.
  • La phase opérationnelle de contrôle : Elle s’étendra sur une période de 5 mois. Les contrôles initiaux se dérouleront de septembre à novembre 2026, tandis que les contre-visites et les suites administratives s’effectueront de septembre 2026 à janvier 2027.

En savoir plus :

L’inspection du travail vérifiera l’association effective des Comités sociaux et économiques (CSE) à la démarche de prévention, notamment à travers leur consultation sur la mise à jour du DUERP, l’accès aux rapports de vérification technique et le respect de leurs prérogatives en matière de santé au travail.